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Le ministre des transports du Canada, l’honorable Marc Garneau au sommet de l’aviation de la chambre de commerce des États-unis

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mars 6, 2020

 

Discours

Le 5 mars 2020

La version prononcée fait foi

Bonjour,

J’aimerais remercier la Chambre de commerce des États-Unis et les organisateurs du Sommet de l’aviation de m’avoir donné l’occasion de prononcer cette allocution aujourd’hui.

La Chambre de commerce des États-Unis est établie depuis longtemps et elle a une influence importante sur notre économie continentale depuis de nombreuses années.

Au nom du gouvernement du Canada, je tiens à exprimer notre reconnaissance pour le soutien apporté par la Chambre au nouvel accord commercial entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.

Les États-Unis vendent plus de marchandises au Canada qu’à n’importe quel autre pays – plus qu’à la Chine, au Japon et au Royaume-Uni combinés. Le commerce et l’investissement avec le Canada soutiennent des millions d’emplois aux États-Unis.

Cette modernisation du libre-échange nord-américain marque une étape importante dans les relations commerciales du Canada avec les États-Unis et le Mexique. Je remercie donc la Chambre de son précieux soutien.

Le Sommet de l’aviation représente une excellente occasion de se réunir et de discuter de questions importantes.

L’aviation civile relie le monde d’une manière tout à fait unique. Elle permet de franchir les océans et de joindre les continents, et elle rend le monde tellement plus accessible à la population mondiale.

Le fait de voyager d’une région du monde à une autre ne devrait pas susciter, chez les voyageurs, de craintes d’un danger évitable.

Et lorsque les civils traversent les zones de conflit, ils ne devraient pas être exposés à des risques.

Le Canada continue de pleurer les personnes qui nous ont quittés le 8 janvier 2020, lorsque le vol PS 752 du transporteur Ukraine International Airlines a été abattu près de Téhéran.

Sur les 176 personnes décédées, 57 étaient canadiennes. D’autres avaient des liens étroits avec le Canada. Un grand nombre d’entre elles étaient en route pour le Canada.

Mon pays a été profondément marqué par cette tragédie. Nous voulons éviter que cela se reproduise, et nous souhaitons que cela n’arrive jamais à personne. Personne ne doit éprouver le sentiment de perte et le choc que ce terrible incident nous a fait ressentir.

Mais ce n’était pas un incident isolé. Les familles et les amis des 298 personnes qui ont péri lorsque le vol MH17 du transporteur Malaysian Airlines a été abattu au-dessus de l’Ukraine en 2014 ont éprouvé ce même sentiment de perte et de choc.

Ces deux tragédies étaient évitables.

Nos liens ne connaissent pas de frontières et nous ne voulons pas ajouter d’autres noms à la liste des personnes qui ont perdu la vie, ni à la liste des familles dont la vie a basculé.

Nous devons parvenir à mieux gérer l’aviation civile dans l’espace aérien au-dessus des zones de conflit.

Les règles reconnues à l’échelle internationale en matière d’aviation civile dans l’espace aérien au-dessus des zones de conflit doivent être appliquées plus largement et de façon plus uniforme.

La définition de « zones de conflit » de l’Organisation de l’aviation civile internationale est la suivante :

« Espace aérien au-dessus des zones où un conflit armé se déroule ou risque de se dérouler entre des parties militarisées, et qui est également considéré comme comprenant l’espace aérien au-dessus des zones où ces parties sont dans un état d’alerte ou de tension militaire accrues, ce qui pourrait mettre en danger les aéronefs civils ».

Chaque État exerce la souveraineté sur son espace aérien. Cela n’est pas contesté.

Mais pour éviter une autre tragédie, nous devons gérer le manque d’uniformité. Pour remédier au manque d’uniformité dans la façon dont les règles sont appliquées, une nouvelle approche est nécessaire.

À l’heure actuelle, on compte trop sur les pays engagés dans des conflits pour fermer ou restreindre eux-mêmes l’accès à leur espace aérien. Cela ne s’est pas produit en Ukraine ou en Iran.

Pour protéger nos citoyens qui voyagent dans le réseau mondial interrelié de l’aviation, nous devons agir, et agir maintenant.

Heureusement, beaucoup de travail a déjà été fait.

Par exemple, les Pays-Bas ont mené l’enquête sur l’incident du MH17. À l’issue de cette enquête, 11 recommandations ont été formulées, concernant :

  • la gestion de l’espace aérien dans les zones de conflit;
  • les évaluations des risques;
  • la responsabilité des exploitants.

Ces recommandations ont alimenté d’importants travaux de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), ainsi que des travaux menés ailleurs pour gérer les risques dans les zones de conflit.

Cependant, comme l’incident du vol PS 752 l’a tragiquement démontré, nous devons en faire plus.

Je suis ici aujourd’hui pour dire que le Canada assumera un rôle de premier plan à cet égard.

Le Canada dispose d’une expertise en matière d’aviation civile, tout comme les États-Unis. Le Canada est le fier État hôte du siège de l’OACI depuis la création de l’Organisation.

Au Canada, nous sommes très fiers de notre longue tradition de collaboration et de travail avec des partenaires du monde entier afin de rendre ce monde meilleur et plus sécuritaire.

C’est dans cet esprit que le Canada propose une stratégie sur la sécurité aérienne.

Nous pensons que cette stratégie permettra d’améliorer la sécurité aérienne au-dessus ou à proximité des zones de conflit afin de prévenir de futures tragédies.

Pour y parvenir, nous échangeons et collaborons avec d’autres pays, en tant que partenaires. Nous voulons travailler ensemble, nous transmettre des renseignements et nous coordonner afin d’améliorer :

  • les évaluations des risques;
  • les avertissements et les instructions pour éviter le survol d’espaces aériens dangereux au-dessus de pays étrangers;
  • les protocoles et les pratiques opérationnelles en matière de risque.

Et cela ne serait qu’un début.

L’objectif consiste à faire en sorte que les pays prennent des mesures immédiates pour réduire les risques, tout en favorisant des améliorations à long terme du système d’aviation mondial par l’intermédiaire de l’OACI.

Et, toujours par l’intermédiaire de l’OACI, nous pouvons travailler à inciter tous les pays à adopter ces améliorations.

Comme l’a déclaré le premier ministre canadien, Justin Trudeau, le mois dernier lors de la conférence de Munich sur la sécurité :

« […] on ne peut pas toujours attendre d’avoir un consensus parfait dans les limites de ce qui est déjà établi. Pour arriver à des résultats, il faut entreprendre des actions avec ceux qui sont prêts à agir. »

Nous savons qu’il faudra un soutien important pour y parvenir, et pour bien faire les choses.

Une collaboration multilatérale et bilatérale efficace sera nécessaire.

Cela inclut les pays partenaires comme les États-Unis, dont le soutien — je suis heureux de le déclarer — a été rapide et déterminé.

Cela comprend les organismes représentant les équipages de conduite et de cabine travaillant à bord des avions tous les jours.

Et cela comprend aussi les partenaires industriels. L’Association du transport aérien international, par exemple, a déjà promis son soutien, et je lui en suis reconnaissant.

En tant que ministre des Transports du Canada, je suis responsable de la sécurité et de la sûreté des Canadiens et des personnes qui voyagent au Canada.

Je prends cette responsabilité très au sérieux.

Je suis également un citoyen de cette planète, et je crois que ce rôle comporte également des responsabilités importantes et sérieuses.

En tant qu’ancien astronaute, je fais partie des personnes très chanceuses qui ont eu l’occasion de voir la planète de l’espace.

De l’espace, on peut voir notre monde sous un angle complètement différent : les océans, les continents et la couverture nuageuse forment une magnifique mosaïque.

Une chose qu’on ne peut pas voir de là-haut, ce sont les frontières.

On ne peut pas voir les frontières entre un espace aérien sûr et un espace aérien où les différends ont conduit à un conflit militarisé.

Le fait est que ces zones de conflit existent et les dangers qu’elles présentent sont très réels.

Il existe un risque permanent pour les avions civils qui s’approchent ou traversent l’espace aérien au-dessus ou à proximité de pays où un conflit violent sévit.

C’est pour cette raison que la stratégie sur la sécurité aérienne est nécessaire.

Cette stratégie est un appel à l’action.

Grâce à elle, le Canada cherchera à collaborer avec les autres nations à améliorer la sécurité aérienne et à sauver des vies. Je vous remercie.