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Présentation de Come from Away à Washington

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décembre 16, 2019

Les événements tragiques du 11 septembre 2001 ont marqué profondément les Étatsuniens et les Canadiens. Ces actes terroristes ont coûté la vie à des milliers de personnes, dont 24 Canadiens.

Cette tragédie a renforcé les liens d’amitié durables qui sont la base des relations entre le Canada et les É.-U.  En solidarité avec nos amis étatsuniens, le gouvernement du Canada a fait ce qui ne l’avait jamais été : fermer tout l’espace aérien du Canada, ordonner à 270 vols au-dessus de l’Atlantique de retourner en Europe, et en orienter 224 autres avec plus de 33 000 passagers à bord pour qu’ils atterrissent dans des aéroports canadiens.

Sous le nom de code Opération ruban jaune, Transports Canada a rapidement mis en place un système permettant d’assurer le suivi des 224 avions déroutés. Les uns après les autres, les avions ont atterri à Goose Bay, à Gander et à Stephenville, ainsi que dans de plus grands centres comme Moncton, St. John’s, Halifax, Montréal, Toronto, Winnipeg, Calgary et Vancouver. Puis, ce fut un processus épuisant : évaluer et fouiller chaque passager et chaque bagage correspondant à son propriétaire.

Le Canada atlantique a particulièrement ressenti l’impact en acceptant plus de la moitié des vols déroutés. Halifax a reçu plus de 44 vols internationaux qui transportaient 8 800 passagers.

Pour leur part, les citoyens de Gander (Terre-Neuve-et-Labrador), une ville de 10 000 habitants, ont accueilli dans leur collectivité, dans leur maison et dans leur vie, plus de 6 000 passagers qui étaient immobilisés dans 38 avions. En accueillant ces voyageurs, la ville de Gander a montré, selon les dires d’un passager, « qu’il y a encore de bonnes personnes dans le monde ». La comédie musicale primée Come from Away relate le récit des événements qui sont survenus le 12 septembre et qui ont créé des amitiés durables.

La réaction des États-Unis aux événements tragiques du 11 septembre 2001 a montré la résilience implicite qui est au cœur du mode de vie des États-Unis et du Canada. Elle a aussi été la preuve de la détermination farouche à maintenir des principes fondamentaux : garder les Étatsuniens et les Canadiens forts et en sécurité. La semaine dernière, nous avons célébré cette résilience à l’ambassade du Canada lorsque nous avons accueilli des invités pour célébrer le retour de Come from Away à Washington.

Lisez les propos de l’ambassadrice par intérim Kirsten Hillman à cette occasion :

Mesdames et Messieurs, bienvenue à l’ambassade du Canada. Ladies and gentlemen, welcome to the Embassy of Canada.

Steve Dickson, Dan Elwell et Carl Burleson de la Federal Aviation Administration, merci de vous être joints à nous aujourd’hui. J’aimerais également souligner la présence de Patricia Cogswell de la Transportation Security Administration, Kathleen Kraninger du Consumer Financial Protection Bureau et de mon ami CJ Mahoney de l’Office of the United States Trade Representative. Merci à Deborah Rutter et au personnel du Kennedy Center de permettre la présentation de l’histoire inspirante de Come From Away à Washington.

J’accueille de nombreux événements ici à l’ambassade. Nous remplissons cet étage, notre terrasse, notre vaste salle Canada en bas.

Il y a des événements qui réunissent nos entreprises, font progresser notre partenariat en matière d’énergie, renforcent nos relations dans le domaine de la défense et de la sécurité.

Ce soir, c’est quelque chose de différent.

Ce soir, c’est personnel.

Ce soir, j’ai voulu réunir un petit groupe de personnes – des personnes qui ont vécu l’amitié et l’amour entre nos deux pays dans les circonstances les plus difficiles.

Nous nous souvenons de ce sombre jour de septembre, il y a 18 ans. Alors que le monde entier était témoin des scènes horribles du 11 septembre, des professionnels sont passés à l’action. La Federal Aviation Administration a ordonné l’atterrissage de tous les avions civils, et l’espace aérien des États-Unis a été fermé.

Au moment où ces mesures ont été imposées, quelque 500 avions provenant d’un peu partout dans le monde étaient en route vers les États-Unis. Plus de 200 allaient être déroutés vers le Canada.

Imaginez-vous en train de vivre cette scène sinistre. Vous êtes assis dans un avion – ou pour certains qui sont ici, dans le cockpit – au-dessus de l’océan Atlantique. Peut-être rentrez-vous à la maison. Peut-être commencez-vous des vacances. Peut-être êtes-vous sur le point de retrouver vos amis ou votre famille. Vous avez hâte d’atterrir aux États-Unis.

Puis, une annonce vous indique qu’il y aura un déroutement. Vous allez atterrir à Terre-Neuve. D’accord, cela ne sera peut-être pas long. Où est Terre-Neuve déjà ? En 2001, les gens n’avaient pas de téléphones intelligents et l’information filtrait lentement. Vous entendez dire que des avions ont été détournés à New York. Que les États-Unis sont attaqués. Ils disent que c’est du terrorisme. Les tours jumelles sont détruites. Vos amis vont-ils bien ? Votre famille était-elle là ? Sont-ils vivants ?

Vous êtes maintenant sur le tarmac à Gander. Que s’est-il passé? Qu’est-ce que le monde attend quand vous descendez de l’avion ?

Imaginez-vous en train de vivre cet instant. La pilote Beverley Bass se souvient d’avoir attendu dans son avion pendant 28 heures après l’atterrissage. Elle ne savait pas à quoi s’attendre quand ils sont entrés dans l’aéroport. Et dans l’aérogare, elle a vu des tables qui débordaient de nourriture.

Les habitants de Gander – une ville de moins de 10 000 habitants – avaient passé la nuit à préparer 7 000 boîtes à lunch, une pour chacun de leurs invités.

Le maire Claude Elliott savait qu’ils auraient besoin de quelque chose de plus. Il s’est assuré qu’un bénévole accueille chaque visiteur avec de la nourriture, de l’eau et un câlin. Il savait qu’ils auraient davantage besoin d’une étreinte que de nourriture. Il savait qu’ils auraient besoin d’amour.

À Gander et dans les villages avoisinants, les gens ont installé des lits de fortune dans les écoles, les salles communautaires et les églises. Des chauffeurs d’autobus en grève ont quitté les lignes de piquetage pour appuyer les efforts. Les boulangeries locales ont augmenté leur production.

Ils ont accueilli des étrangers dans leur maison, leur ont offert des lits, des véhicules et des repas faits maison. Ils ont écouté des histoires d’inquiétude et de chagrin. Ils ont offert de la compassion et du réconfort. Et, à la façon terre-neuvienne typique, ils ont entonné des chansons pour remonter le moral.

Des Canadiens qui ouvrent leurs bras aux étrangers, c’est loin d’être une idée nouvelle. En effet, c’est un élément central de notre identité. Cela est tellement habituel que les Terre-Neuviens ont été surpris qu’on en fasse grand cas.

Ils ont été surpris que quelqu’un écrive une comédie musicale sur ce qu’ils avaient fait pour les « Come From Aways », comme ils surnomment les visiteurs dans leur collectivité. Ils vous disent qu’aider, prendre soin, cela fait partie de leur ADN.

Lorsque les gens étaient affolés ou désemparés, en colère ou effrayés, ils ont trouvé de la chaleur et de la bonté à Terre-Neuve. Ils ont trouvé une communauté, le meilleur de l’humanité. Ils ont appris que dans les moments les plus sombres, des gens sont prêts à vous aider à vous en sortir.

Le 11 septembre 2001, les organismes de sécurité des États-Unis et du Canada ont réagi rapidement et sans répit. Beaucoup de personnes présentes dans la salle ce soir savent très bien comment la FAA et Transports Canada ont coordonné la fermeture de l’espace aérien. NORAD a fait décoller d’urgence des avions militaires. Ces actions ont démontré la puissance de notre relation à l’échelle nationale, une relation qui s’est renforcée depuis ce jour tragique.

Cependant, les habitants de Gander et leurs invités inattendus ont montré la nature personnelle de notre lien unique. Ce n’est pas seulement le fait qu’une petite ville ait accueilli autant de gens. Ce n’est pas seulement le fait que les avions aient rempli le petit tarmac. Ce n’est pas seulement le fait que les gens de Gander aient ouvert leurs bras à de parfaits étrangers. C’est la lumière qu’ils ont fait briller en ces jours incertains. Ils ont été une lueur d’espoir au milieu d’une tragédie.

En relatant leur histoire, Come From Away continue de faire briller cette lumière. L’histoire, ses gens, reste un symbole d’optimisme. C’est un rappel de la puissance d’une communauté, ainsi que de la force que nous avons tous ensemble.

Profitez de la soirée. Profitez du spectacle, mes amis.

Et prenez soin les uns des autres. Je vous remercie.

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